Rejoignez-nous

Blog N'PY

Les nivoculteurs nous disent tout !

Canon à Neige

Métiers

Les nivoculteurs nous disent tout !

Malgré un hiver au démarrage compliqué, on a tous pu chausser les skis cette saison. Jamais cela n’aurait été possible sans l’énorme travail fourni par les équipes en station. On a voulu se pencher sur le métier de nivoculteur, un poste stratégique… car c’est eux qui font tomber la neige ! (eux et puis tout un tas de paramètres météo…) Si vous voulez tout savoir sur la neige de culture et sur ce métier peu connu, c’est par ici !

La neige de culture c’est quoi ?

C’est de l’eau, de l’air et c’est tout ! C’est un procédé mécanique qui consiste à envoyer de l’eau sous pression dans un réseau d’enneigeurs répartis sur le domaine skiable. Cette eau est brumisée par l’enneigeur dans un air ambiant inférieur à 0° ; elle gèle instantanément : les gouttes d’eau se transforment en flocons, tout naturellement.

En chiffres : 1m3 d’eau permet de produire 2m3 de neige.

psm3crédit photo : La Pierre St Martin

Donc pour produire de la neige, il nous faut :

Une retenue d’eau, une usine à neige (composée de compresseurs d’air, de pompes à eau : l’objectif est de produire et acheminer l’air et l’eau sous pression jusqu’aux perches des enneigeurs dispersées sur le domaine skiable) et d’une salle de contrôle : Le PC neige qui automatise la production. Le PC neige est composé de plusieurs écrans (cela varie selon les installations et stations). Les écrans affichent l’état de la piste avec les paramètres météo en temps réel : températures, hydrométrie, aérologie… mais affichent aussi l’état des vannes, si l’installation est en production ou en défaut… Les mesures de la salle des machines s’affichent aussi (état de pression, débit, état des compresseurs…).

felix prat basse defcrédit photo : Felix Prat

Sans eux pas de neige : les nivoculteurs.

Une saison d’hiver comme celle que nous vivons, leur met les nerfs à rude épreuve et les oblige à être aux aguets de la moindre baisse de température permettant de produire de la neige.  

Nous sommes allés poser quelques questions à ces techniciens qui travaillent le plus souvent de nuit, et qui nous permettent à tous de pouvoir skier, malgré les conditions difficiles de cet hiver capricieux. Direction Peyragudes avec Benoit Drillaud puis La Pierre St Martin avec Philippe Petuya et Eric Labat.

Concernant Benoit, ça fait maintenant 22 ans qu’il est nivoculteur à Peyragudes, et qu’il fait de la neige de culture.

Benoit, pouvez-vous nous en dire plus sur votre métier de nivoculteur ? C’est un métier à l’année ?

C’est un métier à l’année oui. En été, c’est la période de la maintenance estivale. Une étape primordiale pour assurer la saison d’hiver. Il faut préparer au mieux les installations en préventif. Il faut réparer avant que cela ne tombe en panne lors de la période de production en hiver. Il faut être très soigneux et méticuleux dans ces moments-là. C’est un travail important avant d’aborder la phase de production.

Il y a aussi la phase réglementaire avec toutes sortes de contrôles concernant la légionnelle dans les tours aéroréfrigérantes par exemple (ces contrôles sont effectués toute l’année). Les récipients sous pression de nos compresseurs d’air sont eux aussi soumis à des contrôles.

L’expérience des années précédentes nous permet de faire des aménagements et une planification assez précise pour répondre à l ‘objectif qualité de la station. A Peyragudes, Il faut être opérationnel le 20 octobre. En étant prêts dès le 20 octobre, on anticipe les problèmes de dernières minutes et on peut produire dès l’arrivée du froid.

Combien de nivoculteurs êtes-vous ?

Nous sommes 3 personnes à Peyragudes pour 220 enneigeurs. Nous assurons une présence dans la journée, nous veillons à ce que l’installation soit prête et pour garantir la meilleure production dès que les températures sont suffisamment basses pour produire. Lorsque les canons se mettent en marche, il y a toujours quelqu’un présent sur site pour assurer le meilleur enneigement possible.

Comment décide-t-on de mettre en marche les enneigeurs ?

Il y a une concertation entre la direction, le chef des pistes, les RM et le nivoculteur. En résulte un plan de production. Le PC neige est ainsi programmé et mis en veille.

Il se mettra en marche tout seul dès que les conditions seront réunies. Il faut ensuite veiller à la qualité de la neige produite : on vérifie manuellement la qualité. On se déplace sous chaque enneigeur. Cela nous permet de contrôler la neige, mais aussi l’aérologie et s’assurer que les enneigeurs sont orientés dans la bonne direction.

Comment se résume votre saison ?

Chaque massif a sa spécificité météorologique : des conditions très différentes selon les stations : l’hydrométrie, les températures sont différentes selon les sites, rien n’est comparable entre les stations. Mais ce qui est valable pour tous c’est que cette saison est une saison très difficile avec très peu de froid. Nous avons été relativement peu sollicités car il n’y a pas eu de grandes périodes de production sur plusieurs jours d’affilé par exemple. Pour en rajouter, lorsque le froid est arrivé, c’était souvent accompagné de perturbations et de vent ! Ça a rendu encore plus difficile la production. C’est une saison stressante, car tout le monde est sous pression. C’est difficile dans ces moment-là.

Je suis également allée voir du côté de La Pierre St Martin, où Philippe Petuya et Eric Labat ont chaleureusement répondu à mes questions.

Nivoculteur pour eux, c’est un métier passion. C’est un travail de nuit, mais ils aiment se retrouver seuls dans la station et patrouiller sous les canons pour contrôler leur production sous les étoiles. Bien sûr ils ne sont pas tout seuls pendant la saison,  les dameurs ne sont jamais loin et ils assurent leur sécurité, mais il y a aussi les animaux : renards, isards qui se promènent la nuit.

Le travail bien fait ? C’est le dôme parfait. Un peu comme un soufflet au fromage : un tas que l’on ne doit pas toucher de suite pour ne pas qu’il perde de sa valeur !

C’est une année qui met en avant le travail des nivoculteurs. Tout le monde attend derrière eux pour assurer le début ou le lancement de la saison. Quand la météo s’y met, la technologie prend le relais et ces hommes expérimentés, passent des nuits à s’assurer une bonne production de neige pour nous offrir de belles journées de ski malgré tout !

Merci à eux et merci aussi à tous les autres nivoculteurs des stations N’PY qui avec leurs équipes ont fourni un gros travail depuis le début de la saison !

psm2crédit photo : La Pierre St Martin

Pour les plus curieux d’entre vous, sachez que vous pouvez visiter l’usine à neige à Peyragudes, à Gourette et à La Pierre St Martin. Rendez vous au point info de la station pour en savoir plus.

Sinon vous pouvez aussi répondre au quizz réalisé par Domaines skiables de France qui vous explique tout sur la neige de culture, c’est ici !

1 Commentaire

1 Commentaire

Écrire une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Métiers

Formilla

Haut de page