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Interview : Jean-Marc, conducteur du téléphérique du Pic du Midi

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Interview : Jean-Marc, conducteur du téléphérique du Pic du Midi

Jean-marc, conducteur du téléphérique du Pic du Midi depuis plus de 15 ans, nous livre une incroyable interview sur ses conditions de travail. Jean-marc est un réel passionné de la montagne et surtout un amoureux du Pic. Nous vous laissons entrer dans son univers…

 

pic-3

« Bonjour Jean-Marc, pouvez-vous nous présenter votre métier de conducteur de téléphérique ?

Je suis conducteur du téléphérique du Pic du Midi depuis 15 ans.  Cela commence tous les matins par : une visite journalière. Après avoir jeté un coup d’œil à la météo je contrôle différents organes de la station motrice (freins, réducteur…), des cabines et des armoires électriques. Le cabinier  fait la visite de la ligne (la personne à l’intérieur du téléphérique) et moi je conduis. En fonction des conditions météo on valide ou non l’ouverture au public. Tout au long de la journée, je reste vigilant sur le bon fonctionnement du téléphérique et  sur l’évolution de la météo, pour savoir si le vent va se lever, ou si il y’a des prévisions d’orage afin d’anticiper un maximum et assurer la sécurité et le confort des visiteurs.

Vous passez vos journées la tête au-dessus des nuages, ça fait quel effet ?

C’est vrai qu’ici, oui, on a souvent la tête au-dessus des nuages, on en profite pour regarder ce qui dépasse, on pense aux gens qui sont en dessous !

Qu’est-ce qui vous plait le plus ? La vue ? La sensation ? Le contact humain ?

J’ai toujours travaillé en milieu montagnard. Je regardais le Pic avec une certaine envie de pouvoir un jour travailler la haut (au caillou, comme on dit!) ça fait 15 ans maintenant que je suis au Pic et j’apprécie beaucoup ce milieu de la montagne. Le paysage, le point de vue… Avec la situation géographique que l’on a, ça ne peut être qu’un plaisir de travailler au Pic ! On le voit de partout, tout le monde sait l’identifier, je suis fier de travailler ici !

 

Vue en noir et blanc de l'observatoire

Vue depuis le bureau et lieu de travail de Jean-Marc

Vous avez chaque jour, la plus belle vue des Pyrénées… Vous ne vous en lassez jamais ? vous y faites encore attention?

Personnellement je ne m’en lasse pas, parce que le paysage change systématiquement, presque tous les jours ! Au printemps on voit la neige qui remonte et la verdure qui gagne du terrain, en hiver les premiers sommets qui blanchissent alors que c’est encore l’automne en plaine. Je peux regarder les différents sommets ou j’ai pu aller. Les levers et couchers du soleil qui sont tous différents et tellement magnifiques, féériques.

 

Tous les soirs, depuis le Pic on voit les dameurs de nombreuses stations : Baqueira, Gavarnie, Peyragudes, Barèges- la Mongie, Cauterets et Luz.  Et c’est magique ! Je trouve tous les jours du plaisir à contempler le paysage je ne m’en lasserai jamais.

Quels sont les avantages par rapport à un autre poste au pied d’une remontée par exemple ?

En station c’est différent, j’ai travaillé pendant plusieurs années à la Mongie: en 10 minutes vous êtes à la civilisation, tandis qu’ici on peut être bloqué par le mauvais temps, la tempête, la neige… il peut nous arriver d’être bloqués 1 semaine voire plus! Alors ce n’est peut-être pas un avantage pour tous, mais pour moi c’est un vrai plus ! Il y’a plus d’engagement, de passion. Il faut vraiment savoir s’adapter dans le milieu dans lequel on est. Est-ce vraiment un avantage? Tout dépend du point de vue et de l’état d’esprit de chacun, mais pour moi, c’est un travail unique dans un site unique!

« Pour faire ce travail il faut aimer et être passionné par la vie en Montagne ! »

 

Quels sont les inconvénients de ce genre de poste ?

L’inconvénient majeur c’est l’éloignement avec la famille. Quand on monte au Pic  on y passe plusieurs nuits : 3 à 4 nuits sans voir la famille.  Le poste de conduite du téléphérique du Pic se situe au sommet, il faut donc que le conducteur soit au sommet pour pouvoir mettre la machine en marche le matin et éventuellement la nuit si il y’a une évacuation sanitaire. Je vis donc une partie de ma semaine là-haut.

Du coup il n’est pas possible de redescendre dans l’immédiat en cas de problème personnel: cela n’est pas toujours facile surtout si on a un coup dur dans la famille. Alors certes, on a toujours un collègue pour nous remplacer en cas de problème mais on peut être coincé(surtout en hiver) par cause de mauvais temps, dans ce cas nous n’avons pas d’autre choix que de rester la-haut. Nous devons vivre avec les aléas de la météo.

En moyenne, nous restons 3 jours en haut du Pic, nous avons 2 jours de repos, enchaînons sur deux jours de travail à la Mongie (sur les remontées mécaniques), à nouveau 2 jours de repos et ensuite nous remontons au Pic pour 3 jours: on alterne. Pour les fêtes, cette année j’ai la chance de ne pas y être, je suis en repos pour Noël ! Pour le premier de l’an, je travaille à la Mongie donc je rentrerai le soir.

Nous avons un métier atypique et peu de gens sont au courant de notre existence et notre manière de vivre. Il faut savoir que le Pic est toujours habité, il y’a toujours quelqu’un au sommet, au minimum une dizaine de personnes.

Pour faire ce travail il faut aimer et être passionné par la vie en Montagne !

Pouvez-vous, nous parler de votre lieu d’habitation au sommet ? avez-vous le droit de convier votre famille ?

Nous logeons dans des chambres avec un bon confort : douche, TV, accès internet, et puis…. Une vue PANORAMIQUE. Depuis ma chambre je vois les ¾ de la chaine des Pyrénées ! Je sais que j’ai beaucoup de chance et j’en profite au maximum.

Malheureusement je n’ai pas la possibilité de recevoir ma famille à dormir sur place. Ils sont déjà venus plusieurs fois au sommet mais seulement à la journée. Nous avons un service incendie tous les soirs et il faut absolument que l’on sache exactement le nombre de personnes  qui sont sur le site : clients et personnel. Il est donc difficile de cacher ma femme (rires).

Les télécabines du pic du Midi de Bigorre, avec du givre sur les cables

Les conditions sont parfois extrêmes !

Est-ce un métier à l’année ?

Oui c’est un métier à l’année, je suis en CDI depuis 2001. Avant j’étais pisteur à la Mongie. Ce qui m’a motivé à changer de métier c’est le côté exceptionnel du lieu et le fait d’avoir  un poste à l’année, c’est un énorme avantage. Le métier de pisteur était un métier qui me passionnait mais je me suis dit qu’un jour ou l’autre je devrais me reconvertir et j’ai sauté donc sur  cette occasion de pouvoir continuer ma carrière en milieu montagnard.

« Les allers-retours varient en fonction de la fréquentation touristique. Sur une journée en été on en fait entre 60 à 80. »

 

Etes-vous limité au nombre d’aller-retour par jour ? Ça fait tout de même beaucoup de dénivelé par jour…

Pour le cabinier il n’y a pas de limitation. Les allers-retours varient en fonction de la fréquentation touristique. Sur une journée en été on en fait entre 60 à 80. Une journée comme aujourd’hui (7 décembre 2016) nous avons fait 25 rotations.

Combien de conducteurs êtes-vous ?

Actuellement nous sommes 4 conducteurs titulaires et 2 suppléants qui viennent d’avoir le permis.

Avez-vous dû suivre une formation particulière pour conduire ce téléphérique ?

J’ai commencé par passer un BAC Maintenance Système Mécaniques Automatisés option remontées mécaniques pendant mes études, puis j’ai passé une mention complémentaire avec une option remontées mécaniques. Après ça, j’avais déjà de nombreuses connaissances dans ce milieu.  Pour avoir le poste de conducteur j’ai suivi une formation d’un mois au Pic avec le constructeur du téléphérique. Pendant cette formation, le constructeur nous a montré le fonctionnement du téléphérique, toute la partie électronique, mécanique, les différents modes de conduite du téléphérique… nous avons pratiqué puis nous avons passé un examen final : que j’ai eu avec succès.

Beaucoup de personnes empruntent le téléphérique chaque jour, certains d’entre eux sont sujets au vertige… avez-vous des conseils pour les rassurer ? Des blagues ? Des anecdotes ?

Nous avons des gens qui sont sujet au vertige, on commence d’abord par les rassurer sur la sécurité, on leur explique qu’il n’y a aucun risque. Malheureusement, ça ne marche pas toujours car le vertige est une mauvaise sensation incontrôlable. Dans ce cas on leur conseille de s’asseoir au milieu de la cabine comme ça ils ne voient pas le vide. Et en général ça se passe assez bien. Le trajet dure  15 minutes. Une anecdote: une fois on est restés coincés au pic une semaine à cause d’une tempête de neige. Quand on aurait pu descendre, c’est la route d’accès qui était fermée, donc les relèves ne pouvaient pas monter, il a fallu patienter un peu plus!! ( rire )

Le Pic du Midi est un domaine Free ride, pratiquez-vous le ski ? Vous pouvez alors repérer les lignes parfaites à descendre ?

C’est exactement ça ! Maintenant je fais du ski pour mon plaisir ce qui n’était pas le cas lorsque j’étais pisteur. Aujourd’hui, je fais régulièrement des descentes, beaucoup plus  au printemps car je n’ai pas vraiment le temps l’hiver. Pendant le travail je ne peux pas m’absenter pour skier il faut attendre les jours de repos. »

 

Merci Jean Marc !

 

Pour réserver vos billets et/ou forfaits pour le Pic du Midi, c’est par ici !

 

 

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